Michel et Augustin n’a pas vendu des biscuits à Starbucks

Allez Howard un café… ni même des vaches…

Créée en 2004, cette marque prend les codes du marché et du marketing à rebrousse poil depuis le début. Sur le marché ultra concurrentiel de la biscuiterie, ils créent des packaging foutraques au lieu des packaging efficaces décidés par le marketing adaptés à la grande distribution avec un facing percutant ; ils produisent eux-mêmes leurs premiers biscuits et les vendent chez l’arabe du bas de chez eux ; quant à la communication, en avance sur tout le monde (et surtout sans budget) ils ont privilégié une communication délirante (comme leurs emballages) sans moyens mais qui crée le buzz (et la sympathie ce qui va de pair), un site internet totalement pas ergonomique (que je n’aurais certainement pas conseillé à un client)… Tout le contraire de ce qu’ils ont appris dans leur grande école de commerce…

Depuis la société a pris son envol et comptait, en 2013, 55 salariés (à ce jour sûrement beaucoup plus). Mais rien n’a changé et cela tient du miracle.

Preuve nous en a été donnée avec l’opération #AllezHowardUnCafé.

Le démarrage de l’histoire, la demande d’échantillons du patron monde de Starbucks. Tous ceux qui ont travaillé (ou travaillent) en entreprise comprendront le kif de ce genre d’appel, sauf que Michel et Augustin a décidé de le mettre en scène et de partager avec ses clients l’aventure via les réseaux sociaux. Et depuis vendredi soir, ils nous amènent avec eux dans ce périple et en profitent pour renforcer le lien avec ses clients et utiliser la force de sa communauté pour décrocher un rendez-vous en même temps que la livraison des biscuits. Retrouvez l’histoire de Quand Michel et Augustin rencontrent Starbucks sur You Tube.

Il faut savoir que ce genre de démarche est totalement contraire aux habitudes des affaires où les négociations entre enseignes se passent dans le plus grand secret. L’idée de Michel et Augustin relève du génie :

  • utiliser cette aventure pour renforcer l’adhésion de la communauté à son entreprise : ils ont même été étonnés par la vague de sympathie que ce buzz a créé,
  • utiliser la communauté de ses clients pour forcer la porte de Starbucks : en plus de la forte présence sur les réseaux sociaux, ils ont livré un album photo des interactions des internautes sur le hashtag #AllezHowardUnCafé,
  • se faire de la publicité monstre (réseaux sociaux, articles presse et blog…) au prix de deux billets d’avion Paris-Seattle,
  • motiver leurs équipes car ce ne sont pas Michel et Augustin (les deux créateurs) qui sont partis mais Charlotte et Hassan (on pourra remarquer au passage que l’équipe de Michel et Augustin conserve l’esprit initial de l’entreprise sûrement grâce à un recrutement et un management à la hauteur de l’entreprise).

L’exécution est elle aussi magistrale :

  • un événement qui colle à 200% au positionnement de l’entreprise
  • Charlotte et Hassan en tablier orange jusqu’à leur rendez-vous avec Howard
  • l’animation du réseau tout au long du week end avec les équipes qui se sont relayées derrière les comptes Facebook et Twitter (sur Twitter, chaque mention a eu droit à une réponse personnalisée et pas à un message automatique)
  • des vidéos You Tube super bien montées
  • l’utilisation de Périscope pour nous faire vivre le grand meeting Starbuck en direct (séquence très instructive d’ailleurs)
  • un album photo livré avec les cookies
  • le soutien de toute l’équipe (et à priori des boss) à Charlotte et Hassan…

Le résultat une opération plus que gagnante : les consommateurs français ont soutenu Michel, Augustin, Charlotte et Hassan, le rendez vous a été eventually décroché et les biscuits référencés par Starbucks US, UK et France.

Si vous avez l’occasion de voir la vidéo du meeting Starbucks pendant lequel Charlotte a présenté les cookies, vous verrez que le produit n’est pas la priorité mais c’est bien l’aventure exemplaire qui a été présenté aux équipes de Starbucks :

  • quand on veut on peut (ca plait aux américains)
  • l’utilisation des réseaux sociaux
  • le dynamisme et la gaieté de l’opération.

Et pendant ce temps, Michel et Augustin nous (m’)a vendu du rêve : oser et gagner ; suivre nos deux aventuriers comme un feuilleton ; rire et avoir peur avec eux.

Donc, non, Michel et Augustin n’a pas vendu des biscuits à Starbucks mais un concept et cela a marché parce que la démarche était honnête et correspond à  l’entreprise. Cette aventure qui peut sembler foutraque ne l’est pas mais est pensée et construite par rapport à un positionnement fort par d’excellents professionnels.

Félicitations et mercis sincères à Michel, Augustin, Charlotte et Hassan.

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